Syndicat National des Producteurs d'Alcool Agricole

Une nouvelle étude publiée par l’IFPRI (Institut international de recherche sur les politiques alimentaires) et réalisée en collaboration avec la Banque mondiale vient confirmer l’absence de concurrence entre biocarburants et alimentation.

 

« La production de bioénergies à partir de cultures ne menace pas l’approvisionnement alimentaire », indique un tout récent rapport présenté par l’IFPRI et réalisé avec le concours de la Banque mondiale et un certain nombre de centres universitaires.

Rappelons que l’IFPRI est l’organisme qui a réalisé pour la Commission européenne l’étude sur « le changement indirect d’affectation des sols lié à la production de biocarburants » (CASI). Cette étude a servi de fondement à la limitation de la place des biocarburants dans les transports (7,5 %). Dans ce nouveau rapport, l’IFPRI indique désormais que « les politiques d’incitation à la production de biocarburants pourraient avoir sur la sécurité alimentaire un impact fortement positif si elles sont correctement conçues ». Le rapport souligne aussi l’absence de concurrence pour la terre entre nourriture et biocarburants. Il recommande même le recours à des « cultures flex » qui, tout en contribuant à la production de bioénergies (biocarburants notamment), fournissent de la nourriture en plus d’autres coproduits.

 

Prise en compte des coproduits dans le bilan des biocarburants

 

Effectivement, les différents procédés de transformation des matières premières du bioéthanol (betteraves sucrières, céréales notamment) génèrent des coproduits (pulpes, drèches). Souvent riches en protéines, ils entrent dans la composition d’aliments pour animaux et contribuent de fait à l’alimentation humaine. Par exemple, les pulpes issues d’un hectare de betterave sucrière ont la valeur nutritive d’un demi-hectare de céréales. Ou encore, la mise en œuvre d’une tonne de betterave sucrière génère la production de 160 kg de sucre, 500 kg de pulpes, 38 kg de mélasse et 100 litres de bioéthanol. Or, jusqu’à présent, ces coproduits étaient peu ou pas en pris en compte dans les calculs de l’IFPRI…

Ce constat de l’IFPRI, favorable aux biocarburants, va dans le même sens que les positions de la FARM (Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde) ou celles de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation) pour ne citer qu’elles. En effet, ces deux organismes indiquaient, dès 2015, à l’occasion de l’Exposition universelle de Milan, que la « stricte opposition entre alimentation et biocarburants est dépassée car on peut arriver à produire conjointement des biocarburants et suffisamment d’aliments ». Une nouvelle approche globale des biocarburants à laquelle tous les acteurs de la filière ne peuvent que souscrire.

 

Pour plus d’information:

 

  • FARM: http://www.bioethanolcarburant.com/nos_dossiers/les-biocarburants-sont-ils-compatibles-avec-la-fonction-nourriciere-de-lagriculture/
  • FAO : http://www.bioethanolcarburant.com/nos_dossiers/il-ny-a-pas-de-competition-entre-alimentation-et-biocarburants/
  • Bilan C02 des biocarburants : http://www.bioethanolcarburant.com/nos_dossiers/bilan-co2-des-biocarburants-des-chercheurs-reevaluent-limpact-de-laffectation-des-terres-agricoles/

Le carburant SP95-E10 sera déployé dans les stations-service belges dès le 1er janvier 2017. Il remplacera l’Eurosuper 95 et cohabitera avec la Super 98. Un plan de communication se met en place cet automne pour informer tous les automobilistes sur la compatibilité de leurs propres véhicules.

 

Plus de 7 ans après la France (avril 2009), à l’instar de l’Allemagne (2011), de la Finlande (2011) et des Pays-Bas (2015), la Belgique a décidé de passer ses pompes au SP95-E10. L’Arrêté royal a été publié le 21 juillet dernier, jour de la fête nationale belge. L’objectif affiché du Royaume est d’atteindre les 10 % d’énergies renouvelables dans les transports d’ici à 2020. A partir du 1er janvier 2017, seront disponibles à la pompe le SP95-E10 et la Super 98 à côté du diesel.

La Belgique a souhaité s’appuyer sur l’expérience de la France pour réunir les conditions de la réussite du déploiement de l’E10 sur son territoire. La communication de nos voisins belges, pilotée par le ministère de l’Economie, portera pour l’essentiel sur la question de la compatibilité des véhicules belges en circulation. On estime qu’actuellement 90 % du parc automobile est compatible à ce carburant pouvant contenir jusqu’à 10 % de bioéthanol.  La liste des véhicules établie par la FEBIAC (Fédération Belge de l’Automobile et du Cycle) sera disponible dès octobre 2016. Un sticker positionné sur les pistolets à la pompe informera les utilisateurs de la compatibilité de leurs véhicules.

Rappelons qu’en France, les ventes de l’E10 ne cessent de progresser. Fin août 2016, il détenait 35 % de part de marché des essences et était disponible dans 5 278 stations.

 

Le Royaume-Uni et la Lituanie devraient être les prochains pays à passer à l’E10. Plus largement, la Directive européenne « Alternative Fuel Infrastructure » confirme la nécessité d’informer les utilisateurs de tous les Etats Membres de l’Union Européenne sur l’E10. Dans ce cadre, en France, de nombreux partenaires du monde automobile, de la distribution de carburants, de l’administration, des associations de consommateurs signeront la Charte E10, pour une meilleure information sur l’E10.

Les filières biosourcées (biocarburants, chimie verte, biocombustibles) ont déjà créé 100 000 emplois dans notre pays ces vingt dernières années. D’après un rapport commandé par le ministère de l’Agriculture, ce sont 90 000 nouveaux emplois « bioéconomiques » qui devraient être pourvus d’ici à 2030 rien qu’en France.

Aux côtés des premières filières biosourcées que représentent l’industrie agroalimentaire et la filière bois, de nouvelles filières biosourcées ne cessent de se développer en France depuis 20 ans. Elles ont créé 100 000 emplois dans les biocarburants, la chimie du végétal, les biodéchets, le bois-énergie, les biomatériaux ou encore la méthanisation. Ces emplois verts sont venus compléter les 800 000 emplois des filières « agro-industrie » et « forêt-bois ».

 

« Un potentiel de 90 000 emplois directs supplémentaires dans le secteur de la bioéconomie est attendu d’ici à 2030. Il sont pour partie liés aux objectifs de la transition énergétique fixés par la COP 21 ». C’est ce que révèle une outre récente mission confiée par le ministère de l’Agriculture au CGAAER (Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux). Ces emplois concernent en particulier les activités liées aux biocarburants et à la chimie du végétal. Pour répondre aux nouvelles qualifications requises pour ces nouveaux métiers, le rapport recommande en outre de « favoriser des itinéraires de formations élargis et mieux adaptés aux enjeux de la bioéconomie ».

 

Les biocarburants sont spécifiquement identifiés au sein de la bioéconomie comme une filière de progrès et d’innovation, l’un des moteurs de la croissance verte. « Une réponse aux défis auxquels le monde est confronté (épuisement des réserves fossiles, réchauffement climatique, besoins alimentaires) et un rôle clé à jouer dans la politique française de reconquête de l’emploi, avec des effets rapides », comme le souligne Claude Roy, le rapporteur de la mission, ingénieur agronome et fondateur du Club des Bioéconomistes.