Syndicat National des Producteurs d'Alcool Agricole

Les producteurs d’alcool agricole mobilisés pour répondre à la hausse de la demande des fabricants de gels hydro-alcooliques

L’utilisation du gel hydro-alcoolique est l’une des principales mesures barrières préconisées pour freiner la propagation du Coronavirus. Les producteurs français d’alcool agricole sont pleinement mobilisés pour livrer l’alcool éthylique (ou éthanol) entrant dans la composition du gel hydro-alcoolique.

 

La France est le premier producteur d’alcool éthylique (éthanol) en Europe, avec 1,8 milliard de litres chaque année, soit près de 5 millions de litres par jour. Cette production est issue de la biomasse cultivée localement telle que la betterave à sucre, le blé fourrager et le maïs. La principale substance active utilisée pour la fabrication des gels hydro-alcooliques est l’alcool éthylique. En temps normal, cet alcool agricole est orienté à 60 % vers le bioéthanol entrant dans la composition des carburants en France (essences sans plomb SP95, SP98, SP95-E10 et Superéthanol-E85). Les autres usages traditionnels de l’alcool agricole (pharmacie-laboratoires, parfums-cosmétiques, boissons, vinaigre, industrie chimique, alcool à brûler, etc.) représentent 40 % des débouchés. Quant à l’utilisation d’alcool pour la fabrication des gels hydro-alcooliques, elle représente habituellement moins de 1% de la production française d’alcool agricole.

 

Le gel hydro-alcoolique est un produit très technique qui doit être fabriqué uniquement par des professionnels. Son utilisation vient en complément du lavage des mains à l’eau et au savon, comme le recommandent les autorités de santé. Face à l’urgence de la crise sanitaire, et dans le souci de protection de la population contre la propagation du Coronavirus, les producteurs d’alcool agricole ont décidé de s’engager pleinement aux côtés de l’ensemble des acteurs de la filière de fabrication du gel hydro-alcoolique. Ils sont mobilisés pour produire l’alcool en quantité suffisante et assurer sur le long terme son approvisionnement nécessaire à la fabrication de gels hydro-alcooliques. Les livraisons d’alcool pour la fabrication de ces gels ont été multipliées par trois à cinq en quelques semaines.

 

Répondre à la très forte demande de gels hydro-alcooliques

Pour satisfaire la demande, les producteurs d’alcool agricole s’appuient sur la gestion optimale des stocks existants, la réorientation des volumes dont les producteurs de parfums ou de spiritueux n’ont plus besoin actuellement, mais aussi sur l’augmentation de la production d’alcool destinée aux gels hydro-alcooliques. La forte baisse des besoins en bioéthanol du marché des carburants, du fait du confinement, donne des marges de manœuvre supplémentaires. Pour les mois à venir, les usines disposent de stocks de matières premières (sirops de sucre de betterave, céréales) pour produire de l’alcool éthylique en continu et ce, jusqu’aux prochaines récoltes. Les agriculteurs sèment actuellement les betteraves destinées à être transformées en sucre et en alcool à partir du mois de septembre. Un mètre carré de betteraves permet de produire près d’un litre d’alcool. Les semis de maïs sont également en cours et les blés d’hiver ont été semés à l’automne dernier.

 

En cette période inédite, c’est toute une filière qui est mobilisée pour répondre à la demande de gels hydro-alcooliques, celle des hôpitaux, des EHPAD et des professionnels de santé mais également celle de tous les autres professionnels et des particuliers.