Syndicat National des Producteurs d'Alcool Agricole

SP95-E10 : « une success story » de la transition énergétique

À l’heure où les prix des carburants s’orientent à nouveau à la hausse, retrouvant leur niveau de février 2020, la compétitivité du SP95-E10 apparaît plus que jamais comme un avantage pour les automobilistes roulant à l’essence. Moins cher et plus vert, le SP95-E10 est devenu en quelques années la première essence de France. Retour sur les étapes de cette réussite « made in France ».

Le logo vert du SP95-E10 est désormais un repère familier pour la quasi-totalité des automobilistes roulant à l’essence sur le réseau routier français. Ce carburant essence, intégrant jusqu’à 10 % de bioéthanol d’origine renouvelable, affiche en mars 2021 un prix à la pompe inférieur de 3,7 cts €/l par rapport au SP95 dans une même station (encore plus avantageux par rapport au SP98) et un bilan environnemental favorable, l’éthanol permettant de réduire de 72 % les émissions de CO2 par rapport à l’essence fossile. Le SP9-E10 Il contient en moyenne 10 % de bioéthanol alors que le SP95 et le SP98 n’en contiennent que jusqu’à 7,5 %. Un peu plus écologique, il est en conséquence un peu moins taxé que les autres essences (2 centimes de moins de taxe par rapport aux SP95 et SP98).

Quant aux interrogations sur la compatibilité de ce carburant avec son véhicule, tout a été mis en place par les professionnels et les pouvoirs publics pour rendre aisément accessible la liste des marques et modèles qui peuvent rouler au SP95-E10.

Le parc des voitures essence en circulation compatibles au SP5-E10 s’élève, en mars 2021, à 99 %, sans compter la plupart des deux-roues et autres outils de jardinage récents. Côté disponibilité, plus de 6 800 stations-service (enseignes pétrolières et grande distribution) sont équipées d’une ou plusieurs pompes de SP95-E10 (soit plus de 70 % des stations-service en France) et ce réseau continue à se densifier.

LE SP95-E10, immédiatement disponible

La montée en puissance du SP95-E10 est aujourd’hui couronnée par sa position de leader des essences, obtenue dès avril 2018. Le SP95-E10 représente près de 50 % des essences sans plomb achetées par les automobilistes français. En 2020, ce carburant a été consommé deux fois plus que le SP95.

C’est le 29 janvier 2009 que les ministres respectivement en charge de l’Énergie et du Développement durable, de l’Économie, de l’Industrie et du Budget signaient l’arrêté autorisant la mise sur le marché du carburant officiellement baptisé « SP95-E10 », avec prise d’effet au 1er avril de la même année. Cette décision procédait de la volonté de soutenir le développement du bioéthanol afin qu’il contribue à la réalisation des objectifs d’incorporation de biocarburants dans les transports auxquels l’État français s’était engagé dans le cadre de la directive européenne « Énergies renouvelables » destinée à abaisser les émissions de CO2 au sein de l’UE.

Toutefois, la présence de bioéthanol dans les réservoirs n’était pas vraiment une nouveauté car, depuis les années 2000, ce biocarburant issu de la betterave sucrière, des céréales ou des résidus sucriers et amidonniers était déjà incorporé dans les essences sans plomb à hauteur maximale de 5 %, soit directement sous forme de bioéthanol, soit sous forme d’un additif appelé « ETBE », fabriqué à partir de bioéthanol et d’isobutène.

Communication et mobilisation

Le jour « J », 200 stations-service étaient prêtes à distribuer le SP95-E10, mais ce nouveau carburant restait encore totalement inconnu des automobilistes. Afin de lever ce handicap, les parties prenantes se sont rapidement mobilisées autour d’un objectif prioritaire : informer les automobilistes et rassurer les utilisateurs de véhicules essence. Fait unique en Europe, un organisme d’État – la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) – a dressé, validé et diffusé une liste exhaustive des véhicules compatibles au SP95-E10. Depuis son lancement, cette liste a été plusieurs fois mise à jour, et tous les acteurs contribuent à la diffuser sur le terrain et via leurs médias numériques.

Parallèlement, les acteurs du bioéthanol et de la distribution de carburants se sont associés pour créer et déployer un dispositif d’information complet et multiforme : affichage, documents d’information pour le grand public, formations destinées aux garagistes et professionnels en contact avec les automobilistes, signalétique spécifique pour les pompes et pistolets distribuant le SP95-E10… Lancé en 2009, renouvelé en 2020, le site internet bioethanolcarburant.com participe, lui aussi, à ce mouvement en offrant un portail d’accès à de nombreuses informations sur le bioéthanol et les biocarburants : actualités, dossiers de fond, données statistiques et économiques, informations techniques et pratiques…

Cette dynamique de communication fondée sur le partenariat et l’action concertée a permis d’accompagner avec efficacité le développement du réseau de distribution et d’installer le SP95-E10 dans le paysage familier des automobilistes français. Considérée comme exemplaire, elle a inspiré d’ailleurs d’autres pays européens, comme la Belgique, l’Allemagne ou la Finlande, qui ont adopté l’E10. De plus, elle a bénéficié d’une avancée décisive avec la signature, en octobre 2016, d’une « Charte pour une bonne information sur le SP95-E10 ».

Cet acte d’engagement qui compte 30 signataires implique aussi bien les pouvoirs publics (à travers les ministères concernés) que les agriculteurs, industriels, distributeurs de carburants, constructeurs et professionnels de l’automobile, ainsi que l’association 40 Millions d’automobilistes.

Enfin, l’apposition par les constructeurs automobiles de la pastille « E10 » sur les trappes de réservoir des véhicules essence et sur les pompes de SP95-E10 en station-service, obligatoire depuis octobre 2018, la poursuite continue du déploiement du réseau de distribution et le retrait, à moyen terme, de l’ancienne essence SP95 parachèveront la généralisation du SP95-E10.

Un progrès à portée de main pour améliorer le pouvoir d’achat du consommateur et lutter contre les dérèglements climatiques.